Via Francigena

En chemin avec Stefano Dominioni, un regard européen sur la Via Francigena

Redazione AEVF
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« Cela a été une expérience authentique, j’espère qu’un jour mes enfants décideront de parcourir un itinéraire culturel du Conseil de l’Europe comme la Via Francigena, peut-être en compagnie de leurs amis ». L’été a amené un pèlerin spécial sur la Via Francigena.

Stefano Dominioni, secrétaire exécutif de l’Accord Partiel Élargi sur les itinéraires culturels du Conseil de l’Europe et directeur de l’Institut Européen des Itinéraires Culturels, a passé quelques jours avec sa famille dans la Vallée d’Aoste en profitant des vacances pour parcourir quelques étapes de l’ancien itinéraire de Sigéric.

« Je pense que c’est important d’aller sur place et d’expérimenter les 38 itinéraires culturels européens certifiés par le Conseil de l’Europe (www.coe.int/routes). Il ne s’agit pas seulement de chemins, mais aussi de lieux, de territoires européens liés par le même type de patrimoine culturel. Je pense aussi à l’itinéraire européen des villes thermales historiques. – explique Stefano Dominioni – J’ai été plusieurs fois sur la Via Francigena, mais pour des conférences ou des congrès. Je ne l’avais pas encore parcouru à pied et le faire me semblait important ».

Sac sur le dos, M Dominioni a choisi Aoste comme étape de départ pour deux jours de marche jusqu’à un des lieux symboliques de la Francigena : le fort de Bard. « Notre chemin a commencé de l’office du tourisme d’Aoste où j’ai trouvé des opérateurs très gentils et disponibles. Nous avons acheté la crédenciale et obtenu des informations sur le parcours et l’accueil dans la zone. Un pas après l’autre, nous sommes arrivés jusqu’à Chatillon, sans oublier un délicieux déjeuner dans un agritourisme à Nus ».

Des dizaines de kilomètres dans la vallée avec le soleil d’été de la montagne : « Nous voulions dormir au Monastère franciscain Cappuccini, mais il était complet, alors nous avons décidé de poursuivre jusqu’à Saint Vincent, nous sommes arrivés fatigués après 33 km de marche ! ». Le deuxième jour, étape à Verrès (20 km) pour ensuite aller jusqu’à Bard : « En avril, j’ai été au fort de Bard pour une réunion organisée par la région Vallée d’Aoste dans le cadre de notre programme avec la Commission Européenne pour la macro région alpine (Eusalp). Nous avons dormi dans les chambres du fort, c’était une belle expérience. Le jour suivant, nous sommes rentrés en autobus à Aoste ».

Une expérience courte, mais intense durant laquelle M Dominioni a pu vivre la Via Francigena en tant que pèlerin. « La signalisation le long du terrain est bonne. Nous aurions pu marcher en suivant les indications, mais nous avons préféré utiliser l’App pour smartphone de l’AEVF, les traces gps nous ont conduits avec plus de sécurité. J’ai apprécié les lieux de restauration et les structures signalés et conventionnés avec le réseau Visit Vie Francigene – souligne le directeur de l’Institut Européen des Itinéraires Culturels – C’était bien de ramener la crédenciale à la maison comme souvenir et regarder les timbres avec le pèlerin de nos étapes. Nous avons été très bien accueillis, les gens du coin sont conscients des potentialités de cet itinéraire ».

Un chemin en croissance, un pont entre la culture et le territoire qui unit Canterbury à Rome et vise à l’extension de la certification de la Via Francigena du Sud. « L’importance de la Via Francigena réside dans sa dimension européenne, parce que c’est un parcours qui historiquement unit les peuples et les cultures autour des idéaux qui sont ceux du Conseil de l’Europe : droits humains, diversité culturelle, dialogue et échange interculturelle – explique M Dominioni – L’extension de la certification est à lire dans cette optique. Personnellement, je trouve intéressants la valorisation du patrimoine culturel local et le développement socio-économique du territoire où les communautés locales avec leurs identités se mettent en réseau, le développement d’un tourisme intelligent, un tourisme culturel. Le long du chemin, un échange d’expérience fondamentale survient pour les petits bourgs, une expérience d’ouverture à l’Europe ».

Reviendrez-vous parcourir la Via Francigena ? « Bien sûr ! La prochaine fois, j’aimerai découvrir la Via Francigena en France. Il y a quelques années de cela, j’avais parcouru une partie du chemin de Saint Jacques de Compostelle avec mon fils. Cette année, j’ai eu l’occasion de vivre un peu de Francigena avec ma femme et ma fille. J’espère que nous transmettrons aux nouvelles générations l’envie de marcher et de découvrir notre extraordinaire patrimoine culturel ».