Via Francigena

Un, cent, mille chemins: à chacun sa question (et sa réponse)

Redazione AEVF
Redazione AEVF
Partager sur facebook
Partager sur whatsapp
Partager sur telegram
Partager sur pinterest
Partager sur email
Partager sur twitter

Qu’est-ce qu’un voyage pour vous ? Je me demande combien de personnes se posent cette question lorsqu’elles sont sur le point de partir en voyage.Et pas n’importe quel voyage, mais un voyage où tout ce dont vous avez besoin est réduit au minimum et porté sur vos épaules, et où la seule façon de vous déplacer dans l’espace et le temps est de marcher sur vos propres pieds. Entreprendre un voyage peut être un défi, ou une façon de faire la paix avec soi-même. Il peut s’agir d’une épreuve physique, mais aussi d’un moment de réflexion ; d’un point de départ, comme d’un commencement. La marche est une nécessité pour se retrouver pour certains et pour se perdre pour d’autres : il y a ceux qui voyagent pour le sport, ceux qui voyagent pour des raisons religieuses, ceux qui voyagent pour rencontrer des gens, ceux qui voyagent pour être seuls, ceux qui voyagent pour des intérêts culturels, ceux qui voyagent pour prendre des photos, ceux qui voyagent pour chercher une inspiration artistique, ceux qui voyagent pour être en contact avec la nature.

Certains pèlerins se sont certainement posé cette question et sont partis marcher pour une raison bien précise. C’est le cas de Roy Bella, qui, à l’âge de 5 ans seulement, parcourt les 1 000 kilomètres de la Via Francigena, du col du Grand-Saint-Bernard à Rome : 44 étapes avec une moyenne quotidienne de 23 kilomètres, en tant qu’ambassadeur de @Pedibus Ticino, un projet de l’Association pour le trafic et l’environnement (@Ata) qui vise à sensibiliser les enfants de tous âges à l’importance de se rendre à l’école à pied ou à vélo. Un « bus pédestre » né en Suisse il y a une vingtaine d’années pour accompagner les élèves, hommes et femmes, sous la surveillance d’un adulte, mais surtout pour apprendre dès le plus jeune âge l’importance de l’environnement à travers des choix économiques et écologiques.

Pourquoi le voyage habituel ? » est probablement la question posée par trois jeunes de 17 ans qui, à la fin d’une année scolaire particulièrement difficile avec des restrictions et un enseignement en ligne, ont préféré une visite à pied aux classiques vacances d’été pleines d’amusement. Tous trois, Tommaso Saladino Medici, Ravi Fabrini et Manuel Mazzarini, viennent de terminer leurs études secondaires et sont partis d’Ivrée (Piémont) pour rejoindre Rome à une moyenne de 23 kilomètres par jour, « par pur désir d’apprendre, d’expérimenter, d’explorer et de se tester », comme l’ont commenté leurs parents dans une interview accordée à @Tuscia Web.

Mais ce n’est pas seulement à un très jeune âge que l’on décide de partir, laissant à la maison ses proches et son confort : Giuliana Baldinucci, 73 ans, a voyagé seule de Gubbio à Rome avec un objectif très clair : récolter des fonds pour l’association @ « Libera…mente donna » qui gère les centres de prévention des violences conjugales de Pérouse et de Terni.  « J’ai vu passer tellement de pèlerins que je me suis demandée pourquoi je ne le ferais pas », a-t-elle déclaré. La réponse a été claire après avoir parlé avec le maire adjoint de la municipalité de Gubbio, qui l’a orientée vers la cause, qu’elle connaissait déjà bien étant donné son engagement en faveur de l’égalité des chances.  Le voyage de Giuliana s’est terminé à la @Casa Internazionale delle Donne à Rome, où elle a été accueillie par le président de la coopérative @BeFree, qui gère plusieurs structures et centres d’accueil contre la violence dans le Latium. Car chacun choisit la place Saint-Pierre qu’il préfère en fonction de sa mission très personnelle.

La raison du voyage des participants au @Francigena Trail est plutôt le désir de pédaler et de découvrir la Via Francigena du Latium sur deux roues, mais surtout la nécessité de soutenir concrètement @Parent Project aps, une association de patients et de parents d’enfants atteints de dystrophie musculaire de Duchenne et de Becker, engagée depuis 1996 dans la lutte contre ces deux maladies dégénératives rares. Le début de ce projet de solidarité est prévu pour le 3 septembre, date à laquelle des motards venus de toute l’Italie parcourront 300 km de chemins de terre, de montées et de descentes à travers les villages de Tuscia. En septembre, Claudio Stucchi, 64 ans, s’apprête à parcourir toute la section italienne de la Via Francigena, du col du Grand-Saint- Bernard à Santa Maria di Leuca. La raison de cette traversée de l’ensemble de l’Italie ? Soutenir et diffuser le message de l’association @Vivere Aiutando a Vivere, basée en Brianza, qui s’engage depuis près de 30 ans à aider les malades en phase terminale et leurs familles. Alberto Turra, de Colognano, prendra le départ d’un tour de 450 kilomètres pour une raison bien précise : soutenir la recherche scientifique dans la lutte contre le cancer du pancréas, en faveur des travaux de la @Fondazione Nadia Valsecchi, qui a toujours été active dans la promotion de la combinaison du sport et de la recherche. Enfin, les @Parkinsonauti, un groupe de cyclistes appartenant à l’association Parkinson & Sport, qui ont rallié Pavie (Lombardie) à Rome à vélo dans le but de sensibiliser à la maladie et de démontrer l’importance du sport et de l’exercice pour ralentir ses symptômes.

Comme le disait Bruce Chatwin, la vie est un voyage qui se parcourt à pied. Et si nous savons quelles questions se poser, c’est encore mieux.