Via Francigena

VA06 - De Torino à Chivasso

VA06 - De Torino à Chivasso

Gps Track

Gps Track

  • Début: Torino
  • Arrivée: Chivasso
  • Longueur totale: 29,5 km
  • Difficulté à pied: Difficile
  • Comment arriver:

    Lignes Trenitalia, www.trenitalia.com

Passé le Po à la hauteur de la Gran Madre di Dio, on marche le long de la rive droite du fleuve, à travers le Parc Michelotti et la Réserve Naturelle du Meisino, et on continue jusqu’à San Mauro Torinese, déjà connu à l’époque romaine comme Pulchra Rada pour sa position favorable sur une section navigable du Po. En 991 Anselmo di Monferrato fit construire l’abbaye bénédictine de San Mauro di Pulcherada, détruite précédemment par les Sarrasins : érigée sur un habitat romain préexistant, autour d’elle se développa l’agglomération ; l’église abbatiale, aujourd’hui dédiée à Santa Maria di Pulcherada et remaniée au fil des siècles, conserve son clocher proto-gothique du XIIe siècle et une intéressante abside carolingienne avec des pilastres et des niches du Xe siècle. Au XVe siècle, enfin, l’agglomération fut rebaptisée San Mauro en l’honneur du moine bénédictin qui s’y arrêta lors de son retour en France au VIe siècle.

Le long du parcours on peut noter quelques chapelles champêtres intéressantes comme Sant’Anna (XVIe) et San Rocco (XVIIIe) ; on transite en outre au pied du Château de Sambuy, documenté dès 991 et lié au séjour de Saint Maur ; dans ces lieux, enfin, était située la localité évocatrice Pedaggio Vecchio, aux confins entre le Marquisat de Monferrato et le Duché des Savoie.

De San Mauro le parcours continue le long du canal hydroélectrique de Cimena, en se rapprochant de la colline et du bourg de Castiglione Torinese jusqu’au point où il croise la route pour Chieri, près de l’Eglise San Claudio e San Dalmazzo (1951). Le nom de la commune vient de la présence d’une fortification du XIe siècle détruite au XVIIe par Charles-Emanuel I de Savoie et reconstruite peu après par les frères Turinetti, auxquels Christine de France, Madame Royale, l’avait donnée en fief. Signalons l’Eglise San Rocco (1720), petit joyau baroque construit sur un projet de l’architecte Falletti di Barolo, à l’intérieur de laquelle se trouvent de nombreuses fresques d’auteurs inconnus et sur la coupole de laquelle est représentée l’Assomption corporelle de Marie qui monte au ciel portée par les anges. L’ancienne Eglise San Martino aussi est intéressante, dédiée à l’évêque de Tours : dans le chevet semi-circulaire ont été trouvées de nombreuses sépultures parmi lesquelles celle attribuée à un personnage masculin avec un mobilier funéraire de facture lombarde.

Le parcours jusqu’à Gassino Torinese est entièrement en milieu urbain. Quelques fouilles archéologiques font remonter le premier noyau habité à l’époque du développement florissant de la ville romaine de Industria : cette dernière et Augusta Taurinorum, en effet, étaient reliées par une route le long de laquelle pourrait avoir été érigé un castrum. Compris dans le territoire du Marquisat du Monferrato, dès 1003 Gassino fut doté de murs d’enceinte et d’un profil urbain typiquement médiéval, que l’on reconnaît encore dans les arcades du centre historique dominé par l’Eglise de la Confraternita dello Spirito Santo, de plan circulaire : édifiée au XVIIIe siècle, elle présente une belle façade baroque surmontée d’une coupole très haute, dite Cucurin, qui rappelle celle de Superga, de la même époque. L’église paroissiale la plus ancienne remonte par contre au XIe siècle : appelée aujourd’hui Eglise SS. Pietro e Paolo, elle a été en partie reconstruite et restaurée au XVIIIe en s’inspirant du style de Guarini ; signalons à l’intérieur la splendide toile de La Vierge et les Saints titulaires de Claudio Francesco Beaumont et, dans la chapelle latérale, celle de la Visitation, datée du XVIIe siècle.

L’tinéraire continue avec un tracé tortueux encore le long du canal, en direction de la Piana di San Raffaele, rejoint la rive droite du Po et en suit le cours jusqu’à dépasser le promontoire collinaire de Cimena.

La naissance de San Raffaele Cimena, aujourd’hui union de deux localités, est liée à l’axe routier romain qui reliait Chivasso-Clavasium à Torino-Augusta Taurinorum : autour d’une petite chapelle votive dédiée à Saint Raphaël, construite selon la tradition par les troupes de Justinien, vit le jour au VIe siècle le premier habitat comme garnison byzantine sur la plaine située en contre-bas. Dans le Haut Moyen Age une grande partie du village se déplace vers la colline à cause des incursions des brigands et peut-être des Sarrasins, et cela donne lieu à la construction d’une enceinte et de fossés : le bourg, qui s’est développé autour d’une forteresse, fut appelé San Raffaele, mais le long de la route pour Chivasso il resta quelques ouvrages de défense habités qui fournissaient des services aux pèlerins et aux marchands. La fondation de Cimena pourrait même être antérieure à l’époque romaine et en 1596 elle figure comme commune autonome d’une certaine importance car sise sur une voie de communication fréquentée et dans une région agricole très favorable. L’Eglise du Sacro Cuore di Gesù fut édifiée dans les années 30 du XXe siècle en style néogothique sur des plans de l’architecte Bartolomeo Gallo et elle a été agrandie à la fin des années 1960.

Passée l’agglomération en direction de Chivasso et après avoir traversé le Bois du Vaj, protégé par le Parc Naturel de la Colline Turinoise, on arrive à l’Eglise San Genesio, reconstruite en style roman à partir de la chapelle du même nom attestée en 1156 : le plan actuel est un remaniement du début du XXe siècle, mais il reste de la bâtisse originaire l’abside centrale, celle de gauche et le splendide clocher en maçonnerie avec des mots n’offre que des fenêtres à baie unique, à double et à triple baie décorées d’arcatures.

A partir du croisement avec l’indication pour Castagneto Po on arrive enfin au rond-point où l’on prend la route droite qui franchit le pont sur le Po et mène au centre de Chivasso, l’antique Clavasium, depuis toujours marché important et place commerciale stratégique à cause de sa position sur l’axe du Monferrato : l’entrée en ville est dominée par la Cathédrale Santa Maria Assunta (XVe siècle), un des plus importants exemples d’art gothique piémontais, à la façade richement décorée de frises et de sculptures en terre cuite, qui conserve à l’intérieur un retable de Defendente Ferrari ; du château des Aleramici du Marquisat de Monferrato il ne reste que la Tour Orthogonale, entre Piazza della Repubblica et Via Po. La façade de l’actuelPalais de l’Economie et du Travail « Luigi Einaudi » (né probablement au XVIIe comme lieu de halte pour les soldats de passage) a reçu une Horloge du temps nouveau en souvenir de la Révolution Française : la journée est subdivisée en 10 heures, chaque heure en 100 minutes, chaque minute en 100 secondes et les aiguilles effectuent un seul tour par jour.
Sur la Piazza d’Armi se découpe le Lapis Longus, monument funéraire en pierre des VIIe-VIe siècles av. J.-C. de 4 m environ de haut, qui fut transformé en 1649 en pilori pour punir les débiteurs insolvable.


 
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