La Via Francigena perd Palmira Orsières, ambassadrice du chemin. Le souvenir de l’AEVF

L’Association Européenne des Chemins de la Via Francigena (AEVF) exprime ses condoléances pour la perte de Palmira Orsières, amoureuse de la Via Francigena, de la nature et de la randonnée. Une véritable ambassadrice des valeurs liées au chemin européen, en particulier l’amitié, l’écoute et le partage.

Palmira Orsières était une guide randonnée naturaliste du Val d’Aoste depuis 1991 et guide exclusive du Parc National du Grand Paradis depuis 2001. Elle a eu une longue expérience de conduite de groupes de marcheurs le long de la Francigena en Val d’Aoste et régions frontières comme la Ligurie, la Toscane, le Latium et sur le tronçon suisse. Avec l’aide précieuse de Palmira, le sentier de la Via Francigena dans le territoire du Val d’Aoste a été tracé.  

Palmira a collaboré avec l’Association Européenne des Chemins de la Via Francigena ainsi qu’à la réalisation de nombreuses publications sur la randonnée, la nature et l’histoire. Elle s’est occupée d’histoire, de tradition, de culture alpine, de plantes officinales et de sentiers. Elle a guidé le long des sentiers de la Via Francigena de nombreux voyageurs et passionnés, en étant appréciée pour ses dotes humaines et pour la profonde passion pour sa terre.

L’équipe de l’AEVF se souviendra de Palmira avec une grande affection et estime.

Ci-dessous, un extrait de l’interview de Palmira réalisée par l’AEVF il y a 5 ans de cela.

Comment nait votre passion pour les chemins et pour la Via Francigena ? combien de jours par an vous passez sur les sentiers ?

« Je marche sur les sentiers depuis toujours, c’est une passion que j’ai hérité de ma famille. Devenir guide de randonnée et accompagner les personnes sur les sentiers du Val d’Aoste et des régions frontières (canton de Valais, Savoie, Haute-Savoie et Piémont) est arrivé presque naturellement.

J’ai été en contact avec la Via Francigena en 1995-1996, à l’occasion de la création d’un parcours de randonnée entre Aoste et Martigny, le long des sentiers existants, qui reparcourent, en bonne partie la route romaine et celle du moyen-âge. L’itinéraire Aoste-Martigny est devenu par la suite le chemin de la Via Francigena. Cela a donné l’idée à l’association valaisanne de randonnée, Valrando, de partir à pied pour Rome, guidée par le président Willy Fellay et par l’abbaye de Saint-Maurice Joseph Roduit. Et moi, j’ai fait partie de ce groupe.

Ainsi, a commencé une belle aventure de chemin, de partage d’expériences et d’amitié qui m’a conduite à marcher pendant 6 ans, 8-9 jours par an, le long des sentiers de la Via Francigena. Après avoir complété le chemin jusqu’à Rome, nous avons parcouru la Via Francigena de Saint-Maurice à Canterbury. Je marche régulièrement le long de la Via Francigena : le tronçon du Val d’Aoste et celui du Canavais, je les parcours entièrement en moyenne 2 – 3 fois par an, en randonnées d’une journée. J’accompagne des groupes vers Rome et vers Canterbury, en marchant 9-10 jours chaque année. En 2014, nous avons parcouru un tronçon, en Italie, entre l’Émilie-Romagne et la Toscane et en France, entre Besançon et Chaumont ».

Vous vous occupez du chemin de temps à autre, en particulier dans le Val d’Aoste et dans la partie suisse du parcours. Comment voyez-vous le développement de la Francigena dans les dernières années et quelles sont, selon vous, les perspectives futures ? qu’est-ce que la Francigena peut représenter pour le Val d’Aoste dans le domaine culturel, social, touristique et économique ?

« Le passage des pèlerins le long de la Via Francigena dans les dernières années a augmenté de manière remarquable. Les statistiques le confirment. La Via Francigena peut représenter une grande opportunité pour le développement touristique et économique des localités qui ne sont pas trop touchées par les grands flux touristiques. Les localités souvent définies comme « mineures », mais qui renferment un patrimoine d’architecture rurale, mais aussi d’art, de culture, de tradition et d’histoire. J’ai souvent entendu dire : « dans ces lieux, si je n’étais pas venu à pied, je n’aurais jamais eu la possibilité de les visiter. » À mon avis, la Via Francigena est une grande opportunité de développement touristique, économique, culturel et social, et elle mérite d’être valorisée. Cela vaut pour le Val d’Aoste, mais aussi pour tout le parcours ».

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